18 déc. 2011

Petits coins de ciel bleu

En hommage à soeur Odile et à ses compagnes.


Etre parqués derrière des barbelés électrifiés sans savoir pourquoi, être privés de liberté, et surtout de la route, était pour les Tsiganes/nomades le pire des malheurs. D’autant plus que de leur enclos, ils voyaient tous les sédentaires circuler librement sur la nationale et la voie ferrée qui longeaient les deux côtés du camp sur toute sa longueur. Et cela même après la libération de la région, fin août 1944.

Ajoutez des baraquement non chauffés, en dehors de l’école et de la chapelle, la terre du camp presque toujours transformée en bourbier, une promiscuité forcée pour une population jalouse de son indépendance, une nourriture plus qu’insuffisante et peu diversifiée, et vous avez, pour plagier La Fontaine, de ces malheureux la peinture achevée.

Pourtant, dans la grisaille des jours sans fin de l’internement, il y eut quelques coins de ciel bleu ; grâce à la présence des instituteurs qui s’attachèrent à ces élèves qu’avant la guerre ils avaient peu vus dans leur classe ; surtout grâce à celle de religieux dont l’œuvre première est d’aider les miséreux.

L'abbé Jollec

Il y eut l’abbé Jollec, curé de Méron, en ces années encore petite commune proche de Montreuil-Bellay sur le territoire de laquelle se trouvait l’ensemble des baraques en bois du camp.

Des petits coins de ciel bleuL'abbé Jollec et son évêque dans les années 1930 (Archives privées)


Le jeudi, il sortait les enfants de l’enceinte et les emmenait jouer dans la campagne environnante, n’oubliant jamais de leur distribuer quelques friandises. Trop de compassion, sans doute, et l’administration fit demander un jour à son évêque de lui interdire l’accès au camp. Ces deux extraits de lettres des Archives Départementales du Maine-et-Loire :

- De l’abbé Jollec, le 21 novembre 1941 : Que vont devenir ces pauvres créatures lorsque les vents glacés vont balayer cette plaine dénudée de Champagne ? La mortalité et les épidémies peuvent s’y mettre très facilement. Ce qui presse le plus pour le moment, ce sont des vêtements, des chaussures, et surtout une suralimentation.

- Réponse de l’Administration en date du 27 décembre suivant : L’abbé Jollec […] vient de se rendre indésirable tant par son attitude "débraillée" que par les initiatives intempestives qu’il se permet à chaque instant.

Les sœurs franciscaines missionnaires de Marie

Ne pouvant alors partir en mission à l’étranger, elles ont demandé à vivre dans le camp pour secourir ces corps et ces âmes en perdition. Leurs archives m’ont été récemment confiées, et j’extrais ces quelques lignes de leur journal ainsi que ces dessins. L’intégralité des documents a été publiée dans la quatrième édition de mon ouvrage.

Des petits coins de ciel bleu

Un soir, l’une de nous, passant devant une baraque, plaisante entend Mme D. sur la noirceur des pieds de son fils qui n’ont pas touché l’eau depuis longtemps. La bonne femme se met à rire et répond. « Heureusement, ça ne va pas salir les draps ! »

[Une autre fois,] la même appelait à grand cris son fils, son Mouscrenic (le roi des oiseaux en langage de la route) pour qu’il cherche sa petite Louise, âgée de 3 ans. Mouscrenic n’entend pas… Pleine de philosophie, la bonne femme conclut : « Après tout, y a des barbelés, ma Louise ne n’est pas fait écraser par les autos. » Et elle ne s’en préoccupe plus.

Des petits coins de ciel bleu

Les religieuses logeaient dans un bâtiment du camp, et ne sont allées coucher en ville le soir qu'au cours de l'été 1944, aussitôt après les premiers bombardements par des avions alliés ; elles n'ont quitté les barbelés de Montreuil-Bellay que début janvier 1945, après que les Tsiganes eurent été transférés dans d'autres camps.

Des petits coins de ciel bleu

Une image tendre : une femme, son bébé dans les bras et un autre enfant accroché à sa robe.

La religieuse a dessiné en second plan l'un des clochards raflés dans les rues de Nantes au printemps 1942, internés à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique) puis à Coudrecieux et Mulsanne (Sarthe) et qui sont quasiment tous mors dans le camp de Montreuil-Bellay pendant l'hiver 1942/1943.

5 nov. 2011

Conférences et sorties, novembre 2011

Au cas où vous vous trouveriez à proximité et si cela vous intéressait...

* Mardi 8 novembre

Chablis,

- De 10 à 12 : deux classes de 3ème du collège ; de 14 à 16 h 30 : deux autres classes de 3ème

- à 18 h : présentation du film Liberté et projection

* Jeudi 10 novembre vers 14 h 15

Montreuil-Bellay. A 14 h 30. Recevoir Nathalie Grenon, directrice du Cercil d’Orléans pour une visite du site de l'ancien camp de concentration.

* Jeudi 17 novembre, tout l'après-midi et la soirée

La Roche-sur-Yon. L'après-midi, conférence dans le lycée de la ville.

- L'après-midi, dans le lycée Jean de Lattre de Tassigny.

- A 19 h, présentation, à l'occasion de sa sortie, du numéro spécial de la revue Sens Dessous dont le thème est Le déplacement, avec mon article sur le camp de Montreuil-Bellay : Les barbelés du camp de concentration de Montreuil-Bellay, un emplacement réservé.

Mail reçu pour la commande :

Monsieur,
Le prochain numéro de notre revue portera sur la notion de Déplacement.

Dans ce cadre, nous aimerions publier une de vos analyses portant sur le travail que vous avez fait autour de l'enfermement de la population tsigane dans le camp de Montreuil Bellay durant la période 1940-1946. Cela peut-être sous la forme d'un entretien ou sous la forme d'un article. Notre revue, Sens-dessous, est pluridisciplinaire suivant trois grands "domaines" : philosophie, social et politique, esthétique. Chaque numéro s'articule autour d'une notion et nous travaillons là à l'élaboration du neuvième dont la sortie est prévue en novembre 2011.

http://sensdessous.wordpress.com

* Lundi 21 novembre

Montreuil-Bellay, à 20 h 30 aux Nobis

A l'occasion de son centenaire, conférence sur la catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911 à Montreuil-Bellay.

* Mardi 22 novembre

La Rochelle

21 h : Exposition et conférence sur les camps de concentration de Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

* Mercredi 23 novembre

Rochefort, Conférence à 13 h 30, Collège Lafayette au 2, Boulevard de la Résistance 17300 Rochefort, sur le camp de concentration de Montreuil-Bellay.

Diverses manifestations à partir de 9 h le matin.

* Vendredi 25 novembre

Naintré. A 19 h, bibliothèque de Naintré. Conférence sur l'internement des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale et le camp de Montreuil-Bellay.

http://bibliotheques.capc-chatellerault.fr

* Dimanche 27 novembre

Montreuil-Bellay.

14 h, randonnée de l'ancien monastère des Nobis jusqu"'au site e la catastrophe ferroviaire du 23 novembre 1911.

* Mercredi 30 novembre

Nantes.

18 h, conférence au CCO avec Michel Virlogeux, Philippe Audic, Yves Lainé et Paul Poirier sur le Projet Nantais. Nantes reconstruira-t-il un pont à transbordeur ?

6 sept. 2011

Une curiosité montreuillaise

.

Au n° 70 de la rue de la Mairie, était au XVe siècle une apothicairerie, ancien nom des actuelles pharmacies. Les curieuses sculptures en bois qui encadrent la porte d’entrée illustrent la préparation de la pommade à la merde du jour, de l'onguent dia merdis, en latin benoîtement plus « correct ».

En voici la recette, du moins la mienne : Vous prenez l'un de ces diablotins qui courent l’imaginaire médiéval, bien disposé, à point ; ni trop constipé, ou ce serait pour lui oeuvre douloureuse que de s’exonérer, ni sujet à la diarrhée, ou gare aux éclaboussures. Vous lui demandez de s’exécuter en un mortier bien propre et vous l'encouragez à faire. Ce qu'il fait, voyez ses deux mains qui aident…

Que l'un de ses compères en diablerie malaxe vigoureusement au pilon les matières ainsi délivrées afin de les bien mélanger pour obtenir une pâte onctueuse à souhait.

Pendant ce temps, l'homme de science à barbe de prophète portant son grand livre dans la main va vérifier si tout est comme il convient, si c'est bien merde du jour et non pas celle de la veille... ou du lendemain.



















Cuillerez maintenant, et délicatement, une once du précieux onguent et couvrez en la douleur de votre patient. Et tant mieux s'il guérit, quand seule la foi pourra le sauver. Ne jamais oublier qu’il ne vous est alors permis de ne soigner que le dehors de votre semblable quand Dieu garde pour lui l'exclusivité du dedans. Et tant pis pour notre malade s'il souffre de l'appendicite pour laquelle notre onguent n’a nulle efficacité, le Très-Haut, dans son immense Bonté, ayant donné l'appendice iléo-cæcal à sa noble créature.

Sourions, Maître François est peut-être passé par là, car enfin, Montreuil-Bellay n'est pas très loin de la Devinière, le pays de Rabelais.

31 août 2011

Montreuil-Bellay Le camp de concentration de la route de Loudun


Brochure : Le camp de concentration de la route de Loudun.
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, n° 6, septembre 2011.
ISBN: 978-2-905941-06-0 une publication sur l'ancien camp de la route de Loudun, sous forme d'une brochure 21/29,7 cm très illustrée.
Cliquer sur les documents pour les agrandir.





Sommaire :
- p. 2 : Remerciements.
- p. 3 : Un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale Montreuil-Bellay 1940-1945
- pp. 4 à 18 : Un camp pour les Tsiganes... et tous les autres ; historique du camp.
- p. 8 : Le camp provisoire de la Motte-Bourbon (encadré).
- pp. 10 et 11 : Le camp vu par la presse de Vichy.
- pp. 12 à 14 : Le camp vu par les Religieuses.
- pp. 15 à 17 : Le camp vu par un ancien interné.

Aristide avait une douzaine d'années quand il a été interné à Montreuil avec sa famille. Le 16 janvier 1945, lui et les siens étaient transférés dans le camp de Jargeau (Loiret) où il est ici photographié en communiant (1ère rangée, 1er en partant de la droite).


Ci-dessous, la page 17 de la brochure avec trois des six dessins de mémoire d'Aristide.


- p. 18 : Aux civils allemands de connaître les barbelés angevins, de janvier à novembre 1945.
- p. 19 : Le camp vendu aux enchères en octobre 1946.
- pp. 20 à 22 : Un camp sauvé de l'oubli.
- p. 23 : Vestiges visibles ou disparus.
- pp. 24 et 25 : Des images à oublier.
- pp. 26 et 27 : Chaque année, le dernier samedi d'avril.
- pp. 28 et 29 : Le camp de Montreuil-Bellay dans la presse.
Le JDD du samedi 7 août 2010 ; Le Monde du mardi 10 août 2010.
- Le camp de Montreuil au cinéma.

Ci-dessous, la page 25 de la brochure...


- p. 32 : Le camp de Montreuil-Bellay aux Editions Wallâda.



- 8 €, aux éditions de la Houdinière, 273, rue de la Salle 49260 Montreuil-Bellay.
- 10 €, par envoi postal, franco de port. (adresse ci-dessus)

Ci-dessous, la page 32 de la brochure.


Pour de plus amples informations sur cette 4ème édition :
http://jacques-sigot.blogspot.com/2008/08/montreuil-bellay-un-camp-de.html

29 août 2011

Dernières nouvelles de Montreuil-Bellay et d'ailleurs

A voir dans Saumur Kiosque, en même temps que moult autres sujets variés... :

29 août ou 1er septembre ? ou tondre des femmes amoureuses est-il un acte libérateur ?
- http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8335

Quand la Libye est à feu et à sang, la retrouver terre bénie des dieux.
- http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=8257


5 août 2011

Montreuil-Bellay, ville close de l'Anjou

Brochure Montreuil-Bellay n° 1
Editions de la Houdinière, Montreuil-Bellay, septembre 2011, 8 euros.
ISBN : 978-2-905941-05-3
-Photographies de l'auteur, sauf mention spéciale.
(Cliquer sur les documents pour les agrandir)


En 1993, sortait aux éditions CMD, aujourd'hui disparues, une brochure de 40 pages (format 145/210 mm) depuis longtemps épuisée.
Je viens d'entreprendre une seconde édition très enrichie qui reprendra le résultat de toutes mes recherches depuis 1973, date de mon installation définitive à Montreuil-Bellay. Elle se présentera en un premier temps au format 210/297 mm qui offre une lectu
re plus confortable des plans, dessins et photographies qui illustrent le texte.





Plan de la brochure qui présente trois parties de l'ouvrage définitif, brochure que l'on peut seulement se procurer auprès de l'auteur.

* Montreuil-Bellay, naissance d'une ville
- Montreuil-Bellay au XVème siècle.
- Montreuil-Bellay en 1772.
- Montreuil-Bellay en 1905.

* Le Thouet
- La source ; dans le Saumurois.
- Les moulins.
- Les ponts.
- La navigation.

* Suivez le guide
- Les remparts de la ville close.
- Curiosité montreuillaise : l'onguent dia merdis.

Cette publication est le fruit du travail personnel d'un instituteur, travail le plus souvent original, et qui acceptera toutes les critiques argumentées, pourvu qu’elles soient d’honnête femme ou homme, remarques et critiques susceptibles de faire progresser la connaissance de ce gros bourg chef-lieu de canton, autrefois à la tête de la seconde Election de l’Anjou qui allait au-delà de Cholet.

- Ainsi, quand certains historiens le disent, sans preuves, construit sur un ancien site romain, je propose une toute autre origine suite à la « lecture » des vieux cheminements qui le traversent et des cartes qui le citent.

- Je suis pareillement tenté de m'écarter de l’explication traditionnelle du nom, Montreuil-Bellay, que ces mêmes historiens font dériver de monasteriolum, sous prétexte qu’y fut établi un monastère dès le XIème siècle. C'est sans doute vrai, mais ayant interrogé la topographie de la plupart des 32 villes françaises portant ce nom, j'aimerais le faire dériver de mons rivuli (éminence près d’une rivière), ces villes ayant été quasiment toutes bâties sur un tertre au-dessus d’un cours d’eau ou de la mer.

Pour Bellay, nous le pensons plus volontiers altération orthographique de Berlay, nom des premiers seigneurs du fief (du XIème au XIIIème siècles), qu’allusion à Joachim du Bellay, poète angevin dont la famille vivait en aval de Bouchemaine. La famille possédait bien une propriété dans la région, mais pas à Montreuil ; elle se trouvait au nord de la Loire, en amont de Saumur.

- Cette nouvelle édition me permet de corriger une erreur de la première : Montreuil-Bellay n'est pas la dernière ville close des 32 qui le furent autrefois en Anjou ; un lecteur me l'a fait gentiment remarquer en m'écrivant que Pouancé, presque à la limite avec la Loire-Atlantique, a également conservé une grande partie de son enceinte médiévale ainsi que d'anciennes portes fortifiées. Dont acte.

Page pour le blog qui ne figure pas dans la brochure mais qui sera publiée dans l'édition intégrale.

Avant l'An Mil


Montreuil-Bellay des origines à l’An Mil,
(d'après un plan dessiné par Patrick Fonteneau en 1993)

Si nous faisions abstraction de toutes les traces laissées par l’homme, nous ne verrions qu’une rivière qui, après avoir traversé le nord-ouest de la plaine poitevine, se fraie un passage entre deux escarpements ; de nombreuses petites îles encombrent son lit alors élargi.
C’est là qu’un premier habitat s’est installé en un temps indéterminé.
A l’origine, deux grands axes de circulation. Celtiques ? Romains ?
Le premier vient du nord. Il a franchi la Loire à Saumur, puis la Dive près de Saint-Just. Il pénètre dans le territoire de l’actuelle commune de Montreuil entre le Thouet qu’il longe et le château de Coux, passe sous le coteau de Saint-Eloi qui portera Saint-Hilaire-d’Aent [le Vieux], pour certains auteurs berceau de la future ville voisine, et qui, après sa destruction lors des Guerres de religion, traversera la rivière sous le nom de Saint-Hilaire-le-Doyen. Le cheminement continue ensuite en contre-bas du château de la Durandière, puis de Razibus.
C’est aussitôt après qu’il rencontre le second axe de circulation venu d’Angers [Andecavum] et qui vient de descendre du plateau par la rue Chèvre avant de traverser le Thouet par un gué, comme le rappelle le cadastre Napoléon. Il faut imaginer le lit de la rivière différent de ce qu’il est aujourd’hui, avec des eaux moins hautes puisque les chaussées qui la barrent n’existent pas encore.
C’est à l’endroit précis de la rencontre de ces deux axes, rive gauche, qu’une première église est bâtie aux temps du prosélytisme du catholicisme pour secourir les pèlerins et les pérégrinants… ou recueillir leurs oboles.
Puis le cheminement, devenu commun pendant quelques hectomètres, contourne l’escarpement de l’Ardenne avant de se partager aussitôt en deux : un chemin file alors vers le sud, Thouars et Bordeaux… l’autre vers l’est, Loudun et Poitiers.
L’invention de pointes de flèches préhistoriques et la présence de trois menhirs de l’âge du bronze le long de ces cheminements au pied du tertre confirment leur ancienneté.
Durant le premier millénaire de notre ère, les premiers habitats locaux ne sont sans doute qu’une suite de masures ou de simples abris troglodytiques à quelques mètres au-dessus des plus hautes eaux de la rivière. Ainsi, les coteaux de Saint-Eloi, de Razibus et de l’Ardenne pourraient avoir été les premiers sites colonisés.







Habitat troglodytique de coteau, rive droite du Thouet, à proximité de l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre, au pied du tertre, désaffectée en 1810.





Habitat troglodytique de plaine, rive gauche du Thouet. On a creusé la carrie sur laquelle ouvraient toutes les pièces qui l’entouraient. On y trouvait l’eau (le puits), le pain (le four) et le vin (le pressoir). La maison en surface ne fut construite qu’au milieu du XIXème siècle.


Au VIIIème siècle, des envahisseurs arabo-berbères vaincus en Poitou s’installent peut-être sur le coteau de l’Ardenne. La présence d’habitations sur un site pentu bien exposé au soleil – là où le soleil arde, d’où vraisemblablement l’origine du nom « Ardenne » - afin de ne pas empiéter sur la moindre parcelle de terre arable est typique de ce que l’on rencontre traditionnellement dans le Maghreb. Jusqu’à retrouver dans une vieille demeure tout un système de canalisations pour récupérer les eaux de pluie.
Toujours est-il que la configuration encore visible aujourd’hui des quartiers de l’Ardenne, de Razibus et des faubourgs d’Outre-les-Ponts qui longent la rivière au pied du tertre et du plateau nord-ouest peut justifier un peuplement antérieur à l’An Mil.
- Page 4 de la brochure :

- Page 5 :

28 juin 2011

La Maison Dovalle à Montreuil-Bellay


La Maison Dovalle est l'une des plus anciennes et des plus belles demeures d'une jolie petite ville de l'Anjou. D'une tour qui faisait autrefois partie de l'enceinte fortifiée de la ville haute, l'on découvre son jardin à la française, le château et la vallée encaissée du Thouet qui coule à son pied.

Elle a pris son nom à une illustre famille montreuillaise qui l'a habitée aux XVIIIe et XIXe siècles. Y est né le poète Charles Dovalle au destin tragique.

La Nouvelle République du Centre-Ouest, samedi 13 et dimanche 14 août 1988.

Cliquer sur les articles de presse, le dessin et les photographies pour les agrandir...

Plan de l'ancienne ville close de Montreuil-Bellay
























Vue aérienne du site de la Maison Dovalle
(DR)























La Maison Dovalle et le château vus de la rive gauche du Thouet.

Les châteaux et la maison Dovalle peints sur une poutre de la Maison





















La Maison Dovalle vue d'une île du Thouet


La façade sur la rue Dovalle. Elle a été modifiée au XVIIIème siècle, mais l'emplacement des fenêtres primitives à meneaux est encore visible sur la droite.



















Un escalier à vis, enfermé dans une tour accolée à la façade, permet de desservir les différents niveaux de la maison.



























Aujourd'hui, la Maison Dovalle attire toujours les artistes.



Soir sur la Maison Dovalle...

25 juin 2011

Ces Tsiganes que l'on interna en France pendant la seconde Guerre mondiale


Qui étaient les Tsiganes, alors appelés nomades, que la France interna dans des camps de concentration - appelés hypocritement par la suite par l'Etat Français "Centres de Séjour Surveillés" - pendant la Seconde Guerre mondiale, suite au décret signé par la République d'Albert Lebrun le 6 avril 1940, les derniers n'ayant été libérés du camp d'Angoulême (Charente) qu'aux premiers jours de juin... 1946 ?

L'entrée du camp de concentration de Montreuil-Bellay devenu en mai 1944 "Centre de Séjour Surveillé". (Archives Jacques Sigot, Fmm)
.

12 juin 2011

Jeter des pierres aux chiens qui aboient

Willem m'a caricaturé lors d'une rencontre à un salon du livre à Cholet.

Jacques Sigot dit Tchopa ; instituteur public pensionné ; palmes académiques [chevalier], pour services rendus à l'histoire locale, je pense...

... en réponse aux attaques, amabilités et "encouragements" de mes maires, publiés dans la presse...

Tout d'abord, rappeler ce proverbe turc que cite, en janvier 1876, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski dans son Journal d'un écrivain : Si tu te diriges vers un but et que tu t'arrêtes en route pour jeter des pierres à chaque chien qui aboie après toi, tu n'arriveras jamais.

Exemples d'amabilités de mes maires...

* De l'ancien :
- Cet individu qui instrumentalise les Tsiganes pour vendre quelques centimètres de papier.

- Ce soi-disant historien, pour être historien, il faut avoir fait des études et avoir des diplômes.

* de la nouvelle : 
... un quelconque individu en mal de reconnaissance, avant tout centré sur sa propre personne.

Remarquons le commun emploi du mot individu, quand tous deux n'entendent assurément administrer que des citoyens grégaires.
Eurêka ! je viens de trouver dans un article de La Croix (samedi 24 septembre 2011, page 6) la maladie dont je souffre et à laquelle doit penser Madame la maire de Montreuil-Bellay... Je serais atteint de philautie ! [Amour excessif de soi-même], maladie qui semble rare à ses yeux si elle a tenu à la signaler jusque dans la presse pour en avertir ses concitoyens... et autres lecteurs de la dite presse !


* [Addenda ajouté le 29 septembre 2011]
Michel Kouklia, un ami, mais un ami est-il objectivement plus crédible qu'une "ennemie", m'écrit ce jour par mail :
- Salut Jacques. Merci pour cette occasion (philautie) d’enrichir mon vocabulaire.
Personnellement, je proposerais un autre terme plus adapté à ta personnalité : Philanthropie. Amicalement.

Entre deux mots - et non pas "maux" - comment choisir ?...
Quand même interpellé par la phrase de la maire, je me suis interrogé... Pourquoi écrire et publier autant ? Il me semble pouvoir répondre en recopiant cet extrait d'une lettre envoyée en 1515 par Erasme à Marteen Dorp : ... apporter par mon travail quelque chose d'utile.
Autrefois, j'essayais d'apporter le plus possible à mes élèves ; aujourd'hui que je suis retraité - plus exactement pensionné - je veux encore donner, maintenant à mes lecteurs.


* [Addenda rédigé le 1er octobre 2011]
A propos de la sanie vindicative de l'élue montreuillaise, il est amusant de constater que le bulletin d'informations municipales de septembre 2011 consacre toute sa une à notre "méritante" maire, "élevée" récemment au grade de Chevalier (serait-il cavalier d'écrire "Chevalière" ?) dans l'Ordre National du Mérite au titre du ministère de l'Agriculture. Pour la reconnaissance, je compatis...
.

La Plume n° 23, septembre 2011, en page Une...
Je note spécialement la fin de l'article : ... et sa volonté toujours affirmée des relations humaines. 
Je pense que l'auteur(e ?) de cette hagiographie n'évoque les relations humaines de notre maire qu'avec certains de ses administrés, et non pas avec tout quelconque Montreuillais...

Alors, en toute extrémité et désespoir, que peut faire ce dernier ?
Réponse de Gustave-Henri Jossot (1866-1951) :
Mais ce n'est pas parce que nos maitres ont le privilège de pouvoir librement publier leurs humeurs jusque dans la presse, que je courberai benoîtement l'échine pour recevoir leurs coups.
Rébellion pas très catholique, j'en conviens, mais je ne pense pas qu'il faille les laisser se gausser de moi sans réagir, si gau c'est ce qu'ils font... ah ! ah ! ah !
Les Turcs ont raison, laissons aboyer les chiens...

Après quelques semaines de digestion...
Me demandant ce qui donnait à mes maires le droit de m'insulter ainsi publiquement - Car je sais que de moi l'on médit l'an passé, pour plagier le bon La Fontaine - je trouvai la réponse dans ces deux vers de Mahomet, tragédie de Voltaire (1736) :
Du droit qu'un esprit vaste et ferme en ses desseins
A sur l'esprit grossier des vulgaires humains.

S'il eût su, Voltaire eût pu écrire...
A sur l'esprit grossier des quelconques humains,

... quand le vulgaire de Voltaire n'est que le quelconque de ma toute récente méritante* Zoïle** ! ma philautie m'autorisant cette comparaison...
Mais peut-on parler en cette circonstance d'esprit vaste ?
Lecteur connu ou inconnu, il vous faudra choisir entre deux critiques, deux "portraits" de votre serviteur :

- l'un, de Paul Loupias et consoeur, maires de... la ville où a sévi le camp étudié par le quelconque individu que  pour eux je suis... Voir ci-dessus.

- l'autre, d'Eric Conan, page 59 du n° 3 des Cahiers de l'Express d'avril 2010 : Parmi quelques études locales, le remarquable travail précurseur de Jacques Sigot sur l'un des principaux camps, celui de Montreuil-Bellay : Ces barbelés oubliés par l'histoire, un camp pour les Tsiganes... et les autres. Montreuil-Bellay, 1940-1945, préface d'Alfred Grosser, éd. Wallâda-Cheminements, 1994. ***

Choix difficile s'il en est, et moi-même j'hésite... quoique ma philautie aidant...
Quoi qu'il en soit, rendons un bel hommage à la communale qui a pu faire d'un quelconque individu un remarquable pionnier...

Pour compléter le tableau, se reporter à cette autre page sur mes difficiles rapports avec les édiles montreuillais :

*
* *

* [Addenda rédigé le 9 décembre 2012]
Et puisque j'assume, et même revendique ma "philautie" - et n'est-ce pas elle qui me permet de continuer malgré tous les coups bas de mes maires ? [voir note ****] - je ne puis résister au plaisir de recopier deux mails reçus de deux personnes qui m'ont récemment invité pour parler des Tsiganes et des camps : au Boupère, en Vendée ; au lycée agricole de Briacé, en Loire-Atlantique. J'étais chaque fois accompagné de mon ami Jean-Jean (Jean-Richard), des membres de sa famille ayant été internés dans le camp de Montreuil-Bellay.

Le Boupère (Vendée), mardi 6 novembre 2012 :
Cher Jacques,
Je tenais à te remercier pour ton intervention au Boupère, d'une haute tenue, très pédagogique et très apprenante pour les profanes que nous étions sur les nomades.
Merci pour ce très beau travail de mémoire que tu fais et qui, à chaque fois, éveille et réveille les consciences.
Tu es un veilleur de l'humanité.
Amitiés,

Lycée de Briacé, près de Vallet (Loire-Atlantique), jeudi 6 décembre 2012 : 

Bonjour M'sieu Jacques et Jean Jean.
Les élèves étaient enchantés. La phrase était, je cite : " C'était génial ". Cela sous-entend qu'il ne faut rien changer ! Ils ont apprécié le dynamisme et l'humour (presque aussi bien que le mien  !!!).
L'une de mes collègues, dont le fils a assisté à l'intervention, m'a expliqué qu'il lui avait " refait la conférence ". Le message est donc clair.
Je vous remercie pour cette intervention dynamique, pédagogique et émouvante.
Merci également à Jean-Jean pour ce travail de mémoire et de transmission. Le travail de mémoire est pour moi fondamental dans mon enseignement ; mais également le développement de l'esprit critique chez l'élève (programme ambitieux !!!!!).

*
 * *

 * [Addenda rédigé le 16 décembre 2012]

Et pour donner grand plaisir à mes maires, avant que l'on ne dresse de MOI une statue sur le tout prochain somptueux site de la médiathèque, temple de la noble culture d'une ville que j'aurai tant aimée, j'aime assez que mien ami Miloud m'ait, de sa seule initiative, tiens-je à préciser, si vite et si bien tiré le portrait, au grand ravissement de ma philautie assumée... Parce que je le veux - pardon - parce que je le vaux bien !

Le poing n'est pas dressé, mais quand même serré...

Cliquer sur le portrait pour l'agrandir



Page signée : Jacques le philautiste.

Notes
* La presse (Le Courrier de l'Ouest) annonce le jeudi 30 juin 2011 que notre maire vient modestement de recevoir la médaille de l'Ordre national du Mérite. Son prédécesseur signale à l'occasion qu'elle aime les gens. Apparemment pas tous...
En ce mardi 9 août du même 2011, La Plume municipale en remet donc une louche.
Il est vrai que ces mêmes presses eussent pu annoncer qu'à peu près à la même date, j'ai été fait chevalier des palmes académiques. Ma philautie en eût été comblée...

** Zoïle, sophiste grec, 4ème siècle avant Jésus-Christ, qui se rendit fameux par sa démangeaison à critiquer les vers d'Homère et les ouvrages de Platon et d'Isocrate. C'est pourquoi l'on donna par la suite le nom de Zoïle aux critiques injurieux...

*** Quatrième édition en 2011 par Wallâda, sous le titre : Des barbelés que découvre l'Histoire.

**** Les élections d'avril 2014 nous ont donné un nouveau maire, et c'est pour moi, et plutôt pour notre association du camp, un grand bonheur. Et par la gentillesse, on obtient (de moi) plus que je ne saurais donner, jusqu'à déposer une gerbe au monument aux morts de ma petite ville le 8 mai ! Et l'On s'est (gentiment) ri de moi... sans que cela m'indisposât le moins du monde. 



28 mai 2011

Blog mode d'emploi

Pour découvrir les différents thèmes traités, consulter dans la rubrique Accueil (ci-contre à gauche) : Dossiers par thèmes (cliquer).

Ouvrir le dossier choisi.

Un grand thème, les Tsiganes et leur internement dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, peut être consulté dans deux blogs différents :

- Dans ce blog, dans Dossiers par thèmes, y trouver les pages.

- Dans un second Blog spécialisé qui lui est entièrement consacré.

Un autre grand thème, Les ponts à transbordeur, à Nantes et ailleurs... liens directs :

- Les ponts à transbordeur français
- Le pont à transbordeur de Nantes

Un troisième thème copieux, ma ville, Montreuil-Bellay.


- Enfin, des Thèmes variés...

- Sans oublier quelques notes sur votre serviteur...


23 mai 2011

Les Tsiganes et les camps en collèges et lycées



Une semaine de conférences dans le Centre-Est de la France
par Jacques, dit Tchopa, le gadjo nomade
Depuis un certain temps, surtout depuis la sortie du film "Liberté" de Tony Gatlif - qui a pris son personnage principal dans l'un de mes ouvrages -, le classement du site du camp "Monument historique", et la décision de notre Président de chasser les Roms de sa République, je suis très souvent invité pour parler de ceux que nous appelons commodément les Tsiganes, et des souffrances que nous leur avons infligées en les internant dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale.
J'ai choisi, parmi tant d'autres, cette semaine du 14 au 20 mai 2011 pour rendre compte de la vie de nomade qui est souvent la mienne maintenant. Je suis ainsi souvent accueilli par ceux qui m'invitent, et j'aime beaucoup ces rencontres, ces partages et ces échanges de mails avec mes hôtes qui m'ont cette fois écrit - ce qui est rare - au lendemain de mes interventions. J'en recopie quelques extraits.
Cette semaine fut particulièrement riche en rencontres avec des collégiens et des lycéens.
*
Palluau-sur-Indre, conférence le samedi 14 mai. (public d'adultes)
- Catherine

Je n'ai eu que de bons échos de votre conférence - vous êtes clair - précis et animé - sur un sujet, comme vous le dites vous-même, assez ardu !

La jolie petite ville de Palluau-sur-Indre

*
Lycée Ampère Bourse, Lyon, conférence le 17 mai, le matin
- Bernadette

Monsieur Jacques,
C'est très gratifiant pour vous d'avoir de multiples invitations et de pouvoir exercer vos talents d'orateur et de pédagogue : si ! si ! ne soyez pas modeste en ce qui concerne vos potentialités reconnues par tous (déjà par votre "amie" la mairesse de Montreuil-Bellay, semble-t-il) puisque nos élèves ont été bluffés par la conférence que vous avez donnée à Ampère Bourse.
Bonne continuation à vous et à vos projets !
Chaleureusement.
*
Lycée Ampère Saxe, Lyon, conférence le 17 mai, l’après-midi.
- Olivier
Bonjour Jacques,
Je joins à ce courrier [voir à la fin de cette page] les appréciations des élèves d'Ampère Saxe (les miens, ceux que tu as rencontrés l'après-midi) qui sont très très positives (95 % d'avis favorables). Je les ai retranscrites à la lettre, en choisissant toutefois celles qui étaient les plus représentatives (en évitant donc les redondances). Les élèves sont donc très heureux de cette rencontre avec l'histoire des Tsiganes et avec toi, en tant qu'intervenant. Ils ont apprécié ta compétence et ton humour.
Tu as non seulement donné une leçon d'histoire aux élèves, mais aussi une leçon de vie.
Je te souhaite encore de beaux voyages et de fructueux combats,
*

En fin d'après-midi, la mairie du 8ème arrondissement
offrait un concert de musique tsigane par le groupe Diab.

Une mairie à l'humour subtil
si elle veut offrir aux futurs époux, avant le "oui" fatal, l'image d'un couple "idéal" (?)...


*
Collège Paul Bert, à Auxerre, conférence le jeudi 19 mai
- MoniqueMessage de mes élèves


Bonjour Jacques
Voici le message rédigé en commun par mes élèves de la classe de 4ème E. Cela a donné lieu parfois à des empoignades pour le choix des mots ou sur ce qu'ils voulaient transmettre. Ton intervention les a ravis, ils étaient enthousiastes. En résumé, ils étaient enchantés des deux heures passées avec toi, et ils ont trouvé le temps trop court.
Lundi, je verrai l'autre quatrième et je te transmettrai leur message.
Certains m'ont dit être déjà allés sur ton blog.

Pour Jacques Sigot,
Un grand merci de vous être déplacé pour nous et pour cette magnifique séance.
Vous avez changé notre regard sur les Tsiganes. Vous nous avez aussi appris les monstruosités subies par tous ceux qui sont allés dans les camps de concentration et d'extermination.
Vous avez beaucoup d'humour, vous nous avez instruits en nous faisant rire. Nous avons passé un très agréable moment, dommage qu'il n'ait pas duré plus longtemps !
Encore merci et bonne continuation.
 
*
Voici donc également le petit message, dicté par les élèves de la 4ème G, que je suis chargée de te transmettre. Eux aussi ont beaucoup apprécié ton intervention.

Bonjour Monsieur Sigot,

Tout d'abord, merci d'être venu nous rencontrer, de nous avoir consacré du temps et d'avoir partagé votre savoir.

Nous avons trouvé votre intervention intéressante, instructive et innovante. Vous avez réussi à nous faire passer des messages avec humour : nous avons bien ri !

Nous espérons que vous continuerez ainsi et que nous pourrons vous revoir.

Le temps a passé trop vite.

Au revoir, Monsieur Sigot.
*
Collège André Malraux, à Paron (Sens), conférence le vendredi 20 mai sur les Voyageurs (pour des 5èmes) et questions sur ma non-guerre en Algérie pour un film documentaire (avec des 3èmes).
- Vincent
Merci d'être venu au collège, ton diaporama était superbe et les élèves ont été charmés par tes histoires, tes anecdotes et ton franc parler. Espérons que quelques-uns d'entre eux en sortiront grandis ! Quant à la rencontre avec les troisièmes, ils étaient emballés et ont tous bien réfléchi à tes réflexions sur la vie. L'après-midi, ils ont bien travaillé au montage qui avance, mais nous devons nous dépêcher...

Les 3èmes et leurs professeurs du collège Paron, près de Sens.
Liens pour le site et les travaux du collège de Paron :

*

Lycée Ampère Saxe, Lyon

Le professeur qui m'avait invité a demandé à ses élèves de dire ce qu'ils pensaient de mon intervention. Beaucoup de compliments qui conforteront la maire de Montreuil-Bellay si elle a écrit dans le journal que je n'avais étudié cette histoire que pour me mettre en avant !!!... mais je ne censurerai pas pour autant les quelques critiques émises, justifiées pour certaines par le fait que j'aie "oublié" de laisser le temps pour un débat, deux heures étant pour moi déjà trop courtes pour un tel sujet sur lequel je travaille depuis plus de trente années...
Quant à mon manque d'objectivité, disons qu'il est compensatoire...

Les appréciations des TL sur l'intervention de J. Sigot

Ce café-culture fut pour moi un moment très enrichissant au sens où je me suis pour la première fois retrouvé face à un véritable travail de recherche historique. Ceci m'a renforcé dans ma décision de faire des études d'histoire. J'ai trouvé M. Sigot très intéressant et assez impressionnant. Cet homme a réussi à se battre durant sa vie entière pour ses idéaux. Les informations sur les camps de Tsiganes qu'il nous a données m'ont énormément intrigué. J'ai trouvé qu'il y avait un lien avec le chapitre sur les mémoires de la Seconde Guerre mondiale car il me semble que les mémoires tsiganes ont été censurées de façon impressionnantes.
La conférence portait sur un sujet peu connu mais très intéressant. Le sujet était expliqué de manière très détaillée, schématisée et claire. Le discours sous-jacent sur la vie même de J. Sigot est une leçon d'une importance capitale ; mener sa vie comme on le veut en s'en donnant les moyens. Il m'a fait réfléchir et je tiens à le remercier pour cette leçon de vie.
Le café sur les Tsiganes m'a permis de mieux connaître les différences entre eux et d'arrêter les amalgames Roms-Gitans.
J'ai appris également qu'ils étaient déjà opprimés par le Gouvernement français avant l'arrivée des nazis. Je pense qu'il est raisonnable de leur rendre justice maintenant afin d'éviter les confusions dans les pensées comme en 2010.
Le café complète nos études, nos connaissances et nos cours, cela apporte de vrais témoignages au lieu de récits simplement écrits dans nos livres. Donc c'était bien en général.
J'ai appris de nombreuses choses concernant les Tsiganes même si je regrette le manque d'objectivité de l'intervenant.
M. Sigot est parvenu à nous transmettre sa passion de façon excentrique tout en nous apprenant à nuancer les différentes appellations entre nomades, bohémiens, mânouches... Afin de détruire les préjugés et de se mettre à la place d'autrui.
Très intéressant ! Après réflexion, il aurait été intéressant d'évoquer le mode de vie des Tsiganes et leur « statut »actuel dans la société. Mais ce n'était peut-être pas le sujet...
Un sujet peu abordé a été mis en avant et éclairé. Le dynamisme et la bonne volonté de J. Sigot ont rendu le déroulement de l'exposé plus léger et facile à la compréhension. Il donne envie d'apprendre et montre son envie d'enseigner. De plus, par son âge, nous ne pouvons qu'apprendre de J. Sigot.
J'ai apprécié la personnalité de J. Sigot, ce côté « vieille école » m'a beaucoup plu.
Cette intervention a été particulièrement enrichissante. Je suis admirative de son travail et de l'énergie dont il a fait preuve pour rétablir la vérité et donner une place dans l'histoire à ces gens qui en sont volontairement écartés. De plus, l'exposé était très didactique sans aucun doute grâce à sa carrière d'instituteur.
Ce café m'a beaucoup plu car je ne connaissais pas beaucoup de choses à propos du thème évoqué. De plus, la personnalité de J. Sigot était très singulière et appréciable en tant qu'il n'hésite pas à déranger l'Etat pour une cause humaniste et donc pour la mémoire d'opprimés que l'on a souvent cherché à oublier. Une telle personne nous pousse à faire de même, à établir des faits, à chercher, à comprendre ce que les Etats peuvent cacher et à se battre pour un devoir de mémoire.
Le café-culture d'hier était tout à fait intéressant. M. Sigot, passionné, a réussi à transmettre son savoir et a réussi l'exploit de tenir en éveil un auditoire pendant deux heures. Voir à quel point il est connaisseur du sujet, prêt à voyager toute sa vie, à chercher dans le monde entier le moindre témoignage, est tout simplement impressionnant. Je tiens à le remercier pour ce beau moment d'altruisme, ainsi que pour l'intérêt qu'il a fait naître en nous.

Les appréciations des TS sur l'intervention de J. Sigot

J'ai apprécié ce café-culture car j'ai vraiment appris des choses sans m'ennuyer pendant les deux heures. Je l'ai trouvé très intéressant. Il était honnête et nous racontait les évènements de façon claire.
J'ai bien aimé ce café-culture. C'était instructif, bien que son sujet ne soit pas des plus passionnants... Jacques Sigot est formidable.
Le café-culture était très intéressant. Il n'y a pas eu de langue de bois. Et je pense que c'était intéressant de pouvoir différencier Roms, gitans, manouches... Je trouve ça aussi très bien de ne pas oublier les différentes minorités qui ont été persécutées pendant la guerre et surtout de ne pas oublier que la France même avant le régime de Vichy y a participé.
J'ai aimé l'ambiance joyeuse de la présentation, le grand nombre de documents projetés et notamment les photos qui aident à visualiser les lieux. Je n'ai pas aimé la présentation un petit peu longue à mon goût et les nombreuses choses n'ayant pas de rapport avec le camp de Montreuil-Bellay.
Cette séance a été très enrichissante car j'ai appris des choses que j'ignorais totalement jusque là comme le fait que les roms ne soient pas des gitans. Les 30 ans de travail de la part de Jacques Sigot résumés en seulement deux heures ont été vraiment intéressants. Je suis conscient que cet homme est exceptionnel. J'aurais seulement aimé que Jacques Sigot ait été un peu plus à l'écoute des élèves.
Très intéressant. J'ai appris d'où venaient les Tsiganes. Jacques Sigot était vraiment très sympathique ce qui rendait le café-culture encore plus intéressant. Je ne le suis pas ennuyée une seule seconde. Et j'ai été très intéressé de savoir que la mairie ou l'Etat faisait tout pour cacher certains faits.
J'ai vraiment tout apprécié, il était sympathique, il parlait bien, il nous a raconté quelque chose qu'on ne nous a jamais appris. Grâce à lui, je me suis couché moins idiot le soir.
Jacques Sigot est très bavard et n'hésite pas à tout expliquer pour permettre la compréhension de ce qu'il raconte, ce qui est frot agréable. Il a aussi beaucoup d'humour, l'atmosphère est ainsi agréable et détendue et il captive son auditoire. On sent que c'est une personne qui aime ce qu'elle fait et qui expose avec joie ses connaissances. Ceci est positif et captive son auditoire.
J'ai bien apprécié le discours de M. Sigot car j'ai trouvé sa manière d'exposer assez originale, humoristique et c'est la raison pour laquelle je ne me suis pas ennuyée. Je l'ai trouvé très cultivé et donc intéressant. Par contre son discours me paraissait trop long et donc la plupart d'entre nous perdaient le « fil » à la fin. M. Sigot était aussi très ironique.
C'était un café-culture intéressant mais, comme à chaque fois, trop court. C'était sympa le fait que l'intervenant ne reste pas forcément dans le sujet. Cet intervenant savait parler à un public.
J'ai aimé le contexte, il s'est vraiment mis à notre niveau, c'était vivant. Cela m'a permis de faire la différence entre les roms, les manouches, les gitans...
L'intervention fut très intéressante et éducative. M. Sigot rendait son discours très vivant. Il a su nous convaincre, je pense, de changer notre regard sur les Tsiganes. Le fait qu'il défende ce peuple avec tant de conviction et qu'il l'agrémente avec son expérience était très touchant. En conclusion, ce café-culture fut très positif et je n'ai rien à redire.

30 avr. 2011

Nul n'est prophète en son pays

Nul n'est prophète en son pays, nous dit la sagesse populaire, et ce n'est pas moi qui pense le contraire. Je puis vous l'illustrer à l'instant...
Par courrier du 11 mars 2011, Monsieur le Préfet de Maine-et-Loire m'annonçait que par décret du 1er mars, pris sous le rapport du ministre de l'Education Nationale, j'étais nommé dans l'ordre des Palmes académiques au titre de la promotion du 1er janvier précédent... et m'en félicitait.
Je reçus mon diplôme le 31 du même mois.
Puis, à ma grande et heureuse surprise... je l'avoue, d'autres félicitations se succédèrent...
Le 9 avril, c'étaient celles de M. Christophe Béchu, président du Conseil général du département, en son nom personnel et en celui de l'Assemblée départementale ;
le 13 avril, celles de M. Michel Piron, député de Maine-et-Loire et Conseiller général du canton de Thouarcé ;
le 29 avril, celles de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale.
Le 23, j'avais reçu celles de M. Dominique Monnier, "mon" Conseiller général, rencontré lors de la cérémonie sur le site de l'ancien camp de la route de Loudun en hommage aux Tsiganes victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Elle avait déjà donné...
Ma surprise de découvrir qu'une telle nouvelle soit ainsi communiquée... et donc connue.
Nos édiles municipaux ne doivent pas être au courant si j'en crois l'assourdissant silence de la mairie de Montreuil-Bellay. A moins que... Il est vrai que la maire avait pris les devants dès le 13 janvier en précisant dans le journal que le quelconque individu qu'elle me disait être n'avait jusqu'ici travaillé sur l'histoire de sa commune que par mal de reconnaissance. Voir Polémique et Anecdotes et humeurs montreuillaises. Il n'était donc nul besoin d'en ajouter une louche, comme le dit encore la sagesse populaire.

Si son statut lui a permis d'exprimer son humeur dans la presse, afin que tout le monde le sût, même au-delà des limites de "son" territoire, je puis de mon côté épancher dans ce modeste blog le "désespoir" d'un inconsolable et quelconque Montreuillais...